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Superpouvoir.com ; 21 septembre 2006 ça fait quelques temps que je n’avais pas updaté la Niko Library. c’est ballot, parce que j’ai lu plein de trucs cet été. je vais essayer de rattraper le retard en commençant, à tout seigneur tout honneur, par Nox , de Garnier Duguy-Néro, aux éditions Le Grand Souffle. Nox est un roman curieux, dont l’abord est un peu difficile. Le style en est étrange à première vue, très recherché, souvent baroque, tranchant violemment avec le non-style froidement descriptif qui a cours de nos jours dans la littérature française. Mais petit à petit, le lecteur se laisse emporter dans le monde de faux-semblants de Nox, présentateur vedette de l’émission de divertissement la plus regardée d’Antelogos, une métropole de la Nouvelle Europe. Imbu de son pouvoir sur les masses, grand ordonateur de son propre culte, Nox est un monstre médiatique, une sorte de messie noir de l’ère de l’image. Le style baroque de l’auteur renforce à dessein l’aspect irréel et tapageur du monde que s’est construit son protagoniste. Vient le jour où Nox est exposé à Corpus Mundi, un tableau total, qui semble le nier. Nox devient obsédé par ce tableau, puis par toute la peinture de Mangù, créateur de la toile. Cette obsession, qui semble tourner à la folie, sera peut-être l’instrument d’une redécouverte de soi pour cet homme d’image et d’apparences, à l’orgueil démesuré. Difficile de classer Nox. Ce roman emprunte certaines formes de la science-fiction. Il porte aussi la marque d’un auteur chrétien, mais chrétien à la Chesterton, d’un auteur porté à l’allégorie, aussi marquant par là une certaine défiance envers modernisme, alors que la littérature actuelle ne fait plus d’allégories, et ne sait de toute façon plus en faire. Le résultat est labyrinthique, parfois aux limites du cauchemar, toujours fort. |