[ présentation générale de Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c'est possible, du coll. Inculte] [ présentation générale de Avril-22 , ceux qui préfèrent ne pas, coord. par Alain Jugnon]
[ Cette chronique, qui problématise Changer tranquillement la France et Avril-22 , est en fait une analyse de certains enjeux du rapport entre littérature, politique et peut-être démocratie ]? Engagement ? — François Bégaudeau dans Devenirs Roman , exprime dans son article Les engagés ne sont pas légion , que la littérature a un problème face à la question politique, au sens où la question du politique dépasserait “le seuil de tolérance” que la littérature pourrait accepter, et en ce sens elle en serait trop “hétérogène”, au point que la littérature ne pourrait pas “suturer” l'écart qui pose en distance cette problématique.
Avec la sortie d'une part de Changer tranquillement la France de toutes nos forces c'est possible , par le collectif Inculte dont F. Bégaudeau fait partie, et d'autre part Avril-22, ceux qui ne préfèrent , aux éditions Le grand souffle, apparaît justement deux formes possibles de compréhension du rapport entre la littérature et le politique.
Lorsque l'on fait face d'un côté au livre publié par Inculte, de l'autre au livre publié par les éditions Le grand souffle, si tous les deux posent à la fois l'exigence d'une forme d' engagement politique et le rapport entre politique et littérature voire philosophie pour le second, toutefois, ils se présentent chacun d'une manière différente. Il me semble, et c'est ce que je vais essayer de montrer, que ces deux démarches hétérogènes dans la forme, toutefois rejoignent une même question qui pourrait se poser en rapport à celle de la démocratie liée à la littérature tel que Derrida l'a posée, au sens où “l'affirmation sans limite de ce droit inconditionnel à une pense affranchie de tout pouvoir, et justifiée à dire ce qu'elle pense publiquement […], c'est une figure de la démocratie, sans doute, de la démocratie toujours à venir, par delà ce qui lie la démocratie à la souveraineté de l'État-nation et de la citoyenneté” [ Inconditionnalité ou souveraineté , ed. Patakis]. Donc, il va s'agir de comprendre en quoi, l'expression tant critiquée de F. Bégaudeau, de littérature engagée aurait peut-être un sens, à réfléchir ici historiquement, au lieu de renvoyer à la fin des avant-gardes. En quoi l' engagement de la littérature : 1/ ouvre une condition de possibilité de compréhension du politique, une condition peut-être même nécessaire à toute forme de pensée démocratique, 2/ implique aussi simultanément, une forme d'effet, de performativité, certes infime, mais réelle, par rapport à la manière dont s'articule le langage au niveau politique ? littérature et politique : la reprise de la question du roman — Le livre d'Inculte, s'il laisse apparaître quelques saillies liées à la signature d'auteurs [mais j'y reviens], cependant tient davantage de la création collective d'un objet que l'on pourrait définir comme une fiction politique . Ce livre n'est pas en-dehors de la littérature, de même que le dernier livre publié par F. Bégaudeau, A. Bertina et O. Rohe chez Gallimard : Une année en France . En ce sens, parlant d' Une année en France — qui porte sur trois événements qui ont marqué la société française entre 2006 et 2005 — face à la première question de Thierry Guichard pour Le matricule des anges (“Pourquoi avoir fait ce livre, qui vous éloigne un peu (encore que…) de la littérature ?”), leur réponse commence par cette reprise du doute : “tout est dans le encore que … Nous n'avons pas le sentiment que ce livre nous éloigne de la littérature”. Cette indication entre en écho avec ce qu'énonce F. Bégaudeau dans Devenirs Roman , alors qu'il semblerait entendu que dès lors qu'il y a écriture sur l'époque, sur la question de la société, sur la politique, on s'échapperait en quelque sorte de la littérature pour se positionner dans l'essai, la critique sociale, la réflexion philosophique, il serait possible selon lui de suturer l'écart entre littérature et politique. Ainsi les trois auteurs exposent que la question politique peut être abordée au coeur même du travail littéraire, et ceci impliquant alors sans doute d'expérimenter de nouvelles formes de fictionnalisation. Le livre sur les élections, Changer Tranquillement la France , correspond à une même perspective, tout à la fois dans l'écriture, liaison entre plusieurs écrivains sous le mode de la disparition des signatures, donc suite fragmentaire dans le flux, et construction d'une fiction. S'agit-il d'un roman ? Approfondissons …
Ce qui est écrit est une fiction, doit être compris sous cette catégorie et plus exactement sous celle de fiction politique . Celle-ci dans sa modalité se décompose en parties qui obéissent, pour chacune à une certaine logique médiatique : news, débats, analyses fictionnelles de l'événement présidentiel qui vient d'avoir lieu [c'est là précisément que des auteurs se différencient, mais s'incarnant par voie de conséquence comme ego-fictionnel dans un simple futur possible], portraits de candidats. La fiction, si elle compose une réalité qui appartient à l'ensemble des possibles, sans jouer sur une distance visible, soit par le dépassement de toute ressemblance, soit par certaines hyperboles, toutefois implique à fortiori une fictionnalisation croissante du politique. Et ceci selon deux vecteurs : 1 / tout d'abord il y a croissance fictionnelle au sens où la fiction amplifie ses propres causalités plus le livre avance. 2/ consécutivement, plus les jours passent et plus ce qui a lieu et ce qui est représenté s'écartent, le livre devenant de plus en plus miroir déformant de la réalité, mise en tension de sa différence et ceci par la distance croissante qui se crée entre ce qui paraît réel et ce qui est fictionnel mais qui pour fonctionner se postule comme réel. La fiction politique , telle que je la définis, travaille sur la représentation du politique en tant que fiction, en tant qu'étant de l'ordre de la fiction [donc d'un comme si ]. Alors que la politique fiction est la création d'une politique fictionnelle, ou encore la mise en scène du politique selon le régime de la fiction, pouvant aboutir à une oeuvre aucunement politique, sans impact ou sans rapport à la politique [par exemple la modalité de la politique fiction est le cadre privilégié d'un certain nombre de films ou de séries américaines, qui, tout en parlant de politique, n'engage cependant rien quant à la question du politique]. La fiction politique est la détermination de la fiction en tant que politique , et donc la possibilité de penser en tant que fictionnel la possibilité du politique [double engagement perçu en introduction : 1/ la fiction est posée comme condition de possibilité du politique; 2/ l'effet de la fiction est proprement politique]. Il s'agit bien de penser ainsi la possibilité de la fiction en tant qu'ayant une possible causalité politique. En ce sens la fiction politique , qui enveloppe un effet politique peut être une politique fiction [donc déployer un contexte ou une situation politique]. Ce qui est bien le cas avec ce livre d'Inculte qui est une fiction politique de politique fiction . Ce qui travaille ainsi ce livre collectif c'est la question du possible du politique en tant que ligne fictionnelle. Ce qui est revendiqué, c'est la possibilité de penser des lignes temporelles du politique, et ceci selon : 1/ une analyse et récupération des logiques médiatiques d'énonciation, dont les auteurs se jouent; 2/ la possibilité de penser, réfléchir, entrevoir autrement le devenir politique. Et c'est bien ce qui transparaît par le titre : “Changer tranquillement la France de toutes nos forces, c'est possible”. Ce titre est programmatique, au sens où il renvoie à ce qui va avoir lieu, tranquillement au coeur des pages, mais intensément : selon le travail accompli par chacun. S'il s'agit bien de littérature et même d'un roman, et ceci non pas seulement au sens de l'invention d'une narration, mais aussi simultanément en tant que réflexion sur la norme du dire qui détermine la narration. Toutefois , loin de n'être qu'une fantaisie, ce livre a une efficacité politique, sur la manière d'appréhender le déroulement de ces élections présidentielles. Ainsi, le changement qui a lieu par cette fiction politique , vise à mettre en critique le renfermement de la pensée qui est prônée par les logiques de partis, qui sont bien évidemment totalitaires en soi, voulant obtenir le pouvoir sur toute forme de discours pouvant être dit politiquement, socialement, économiquement ou culturellement. Ce changement qui s'impose au fil des pages — et j'y reviens en fin de cet article avec Derrida — est celui d'un “comme si” qui se postulant selon l'ordre de la fiction, en tant que réel, devient aussi réel que le “comme si” qui fonde la vérité des partis politiques. La succession des news et des événements qui constituent la majeure partie du livre s'ouvre comme la multiplication des comme si , et donc donne à voir une multiplicité de causalité. Non seulement événementiellement. Mais aussi linguistiquement.
Séparations et jeu de miroir interne — Avec Avril-22, ceux qui préfèrent ne pas , une toute autre structure apparaît. Nous n'avons pas à faire une oeuvre collective, mais à un ensemble de contributions distinctes, qui partant pratiquement toutes du refus de voter, cependant analyse cette décision selon des angularités différentes. Ainsi dans ce volume ce qui doit primer est la tension, voire même certaines formes d'opposition entre des signatures.?Ces oppositions apparaissent aussi bien théoriquement qu'au niveau de la formulation, passant par l'analyse, la fiction-philosophique, le dialogue, le théâtre, le fragment. Ce qui est à remarquer tout d'abord, c'est la proportion de dialogues qui apparaissent dans avril-22 , au sens où il semblerait que pour beaucoup la médiation dialogique, ou théâtralisée puisse permettre d'ouvrir littérairement et philosophiquement, la question politique. On connaît pour une part la place que le dialogue a eu dans la philosophie, permettant de Platon à Diderot, de mettre en jeu, le langage, afin de l'ouvrir non seulement sur ses propres limites de sens, mais aussi à cette dimension qui en détermine la nature et l'efficace : le politique. En ce sens le dialogue, et par voie de conséquence la logique théâtrale porte avec soi, ce qui se retrouve ici, une forme de constitution de scènes fictives où à partir d'un partage du dire, peut s'énoncer ce qui n'aurait pu être dit selon les lois politiques du dire, ce qui conduit que l'on peut faire état dans cette fiction dialogique, de ce que l'État, en tant qu'Unité constituante du langage politique, ne peut pas et ne veut pas dire. Ici Badiou a eu des analyses très pertinentes dans son essai Rhapsodie pour le théâtre : “De quoi parle le théâtre, sinon de l'état de l'État, de l'état de la société, de l'état de la révolution, de l'état des consciences relativement à l'État, à la société, à la révolution, à la politique ?” [ Rhapsodie pour le théâtre , ed. Le spectateur français].?Par ces scènes se démultiplient les voix, elles entrent en relation, en opposition, en écho. La particularité ainsi des textes de Christophe Spielberger, d'Eric Arlix, d'Alain Badiou et de François Cusset, apparaît dans ce régime du discours qui fragmente la voix propre en incarnant, en figurant des positions du dire, en en montrant certains enjeux au travers la représentation. Ceci apparaît parfaitement dans le travail d'Éric Arlix, Bienvenue à la réunion 359 , qui entre phases absurdes [jeux rhétoriques et symboliques] et constat d'échec du dire dans la réalité socio-politique, interroge la possibilité de la désobéissance civile et ceci par la variation de voix : Frédéric, Georges, Sacha, Marco, Catherine, qui se posent toutes dans cette possibilité d'un autre dire [sans doute en lisière de l' autre du dire], que le dire qui obéit à l'ordre : “la désobéissance civile c'est lourd comme sujet. Du très lourd. Dire “on est pas d'accord” c'est difficile aujourd'hui, enfin ça a toujours été difficile depuis le néolithique, mais là depuis le IIIème millénaire ça devient quasiment impossible d'imaginer la vie autrement que truffée de zones concurrentielles.” Mais si ce qui apparaît d'emblée, tient bien à ce choix du dialogique, c'est bien l'ensemble qui se donne selon cette tension. En effet, loin d'un manifeste, ou bien même non réductible à des manifestes dispersés, ce qui est à l'oeuvre dans Avril-22 , se donne par les écarts entre chaque auteur, au sens où, chaque auteur choisissant sa modalité élocutoire, ouvre un espace du dire qui recoupe et se sépare de celui posé par les autres.
voies de la différence — Ainsi comme cela apparaît, Avril-22 , tire sa force de la fragmentation, non seulement entre les auteurs mais au sein même du travail que font les auteurs, lorsqu'ils démultiplient dialogiquement ou théâtralement les voix. La désobéissance civile apparaît ainsi d'abord comme l'impossible réduction de la différence à l'unité ou bien la vérité quant au politique. Ce qui se présente par les multiples pensées n'est pas réductible au compte-pour-un établi selon les règles actuelles politiques.?Alors que les discours politiques, quelque soit le parti ou l'intervenant, sont toujours pro-thétiques et s'auto-constituant en tant que vérité, Avril-22 , par le rassemblement de la différence conservée dans le jeu des différences, montre un autre espace politique : celui — pour reprendre ici Jacques Rancière dans Aux bords du politique — du co-partage d'un monde en tant que lieu de la différenciation des présences et de là, de la représentation. De même, Changer tranquillement la France , se donne par la fiction politique qui y est développée, comme voie de différence. Dans chacune de ces perspectives, de nature différente, ce qui apparaît c'est en quel sens le dire politique pour se dire, au lieu de ratifier et de concorder au dire déjà constitué invente un lieu où le dire s'inaugure selon une autre logique et une autre cohérence. Ce qui ressort n'est pas ainsi la nature du politique en tant que telle — ce que peut rechercher le philosophe — mais bien plus la re-présentation du dire politique, qui suivant les angles est remis en critique selon le principe de l'identité.
Ce qui fait la force d' Avril-22 , cela tient au fait qu'inconditionnellement, la pensée ne peut se donner sans condition à la vérité proposée par un tiers. Inconditionnellement, à savoir de par sa nature qui conduit la pensée à n'être que dans la différence des pensées, et donc dans le différé d'elle-même en tant que vérité totale et absolue. Car les formes choisies ici littérairement, portent bien sur l'impossibilité de la pensée à se définir comme identique à elle-même, lorsqu'elle n'est qu' une pensée. Le dialogue, et ceci depuis Platon, certes, peut révéler une dialectique, mais il est aussi la scène du polémos , la scène où l'autre, celui qui ne concorde pas à ma pensée est appelé à paraître et dessiner par sa présence dans mon écriture des différences de perspective.? Faisons ce constat : alors que le jeudi 19 avril Nicolas Sarkozy a pu dire, sans que cela soit relevé : “je veux que mon combat soit votre combat” puis d'un signe de la main a pu conclure par un “levez-vous”, alors qu'il a pu ainsi s'approprier la parole des autres dans une logique de l'identification à lui-même quasi-messianique, le dialogue tel qu'il apparaît avec les différents intervenants de Avril-22 , est le fait d'ouvrir l'autre en soi et ceci en lui laissant la parole, à savoir en lui ouvrant la place d'une parole. C'est pourquoi Alain Badiou avec beaucoup d'humour et tout à la fois de gravité rhétorique a raison de dire que celui qui arrive à être le même que le président, à savoir à s'approprier l'altérité d'autrui en tant qu'elle correspondrait à lui-même, “c'est celui qui encule les autres”, et bien évidemment comme nous sommes en République “dans le respect des droits de l'homme, naturellement”. Avec ce qui vient d'être dit, nous sommes dans les parages de ce que Derrida avait ouvert, interrogeant le rapport entre démocratie et littérature. Dans son entretien avec Elisabeth Roudinesco, De quoi demain , il indiquait que la question de la littérature, et qui est au coeur-même du politique, est celle de “faire changer le sol de la responsabilité” en changeant, en déplaçant, en abusant et même en violent “la modalité du comme si, en lui inventant un nouvel élément, en en relevant peut-être l'infinité”. Alors que le langage politique — et là il y a collusion fondamentale de tous les partis, de l'extrême droite à l'extrême gauche [ce que personne ne relève, très étrangement] — prétend que son discours est toujours absolument vrai, donnant le réel, oubliant que ce n'est qu'un des ordres possibles de cette vérité-là [effacement du comme si qui conditionne la possible vérité de tout discours politique], la littérature, et le théâtre exemplairement, rouvrent le “comme si”, s'en chargent de nouveau, par la responsabilité de réécrire ce “comme si”, le rouvrir en tant que possibilité de devenir. Avec la littérature le temps est hors de ses gonds, il est déstabilisé. La littérature est en ce sens, et ceci parce qu'elle est d'abord fiction — quels que soient les éléments documentaires qu'elle investit — toujours la possible effraction de la conformité ou du consensus, en tant quelle ouvre à toute forme de déformation, donc de monstruosité et d'autre part à la dissension, par l'émergence du multiple du point de vue de la parole. Alors que beaucoup ont soif de réalité, de savoir en vrai ce qui a lieu, se reportant alors sur les paroles qui se proposent comme vraies, et même comme représentant le principe de toute vérité politique, nous percevons, que s'ouvrir au politique tient peut-être, fondamentalement de la possibilité fictionnelle qui appartient à la littérature. La fiction en tant que lieu d'une possible éthique de la responsabilité face à la présence d'autrui, en tant que lieu de ma variation par la présence qu'il découpe dans ma propre représentation [Nous ne serions pas loin ici de Blanchot]. Mais cette responsabilité d'autrui, le fait qu'il y ait toujours une forme d 'être-avec dans la littérature, ne se détermine pas en rapport à la loi de la Nation ou à son identité, ni même face à une quelconque juridiction, car irresponsable face à ces pouvoirs ne pouvant leur déléguer une quelconque autorité sur cela qui est signé en tant que texte, cette responsabilité n'est que face à soi, en tant qu'être responsable de ce qui a été écrit. Derrida : “Ce devoir d'irresponsabilité, de refuser de répondre de sa pensée ou de son écriture devant les pouvoirs constitués, voilà peut-être la plus haute forme de responsabilité.” ( Acts of literature , ed. Derek Attridge). Et il lie cette “haute forme de responsabilité” à la démocratie en tant qu'elle n'a de cesse de maintenir ce qui advient dans la suspension même de son advenir, par sa variation du comme si tout ce qui était écrit était vrai. C'est pour cela qu'un geste comme celui d'Inculte doit être découvert, au sens de ce tranquillement , de cette légèreté fictionnelle du politique qu'ils donnent à lire et qui par son comme si met et remettra toujours en jeu et en crise ces élections de 2007.
Concluons sur les étranges schémas_X_pensées de l'Agence_Konflict_SysTM qui sont présents dans Avril-22 , au sens où ce qui est en oeuvre-là, me paraît tenir de cet angle d'analyse. Ces schémas exposent formellement, quasi-scientifiquement ou selon une fiction scientifique, des mécanismes du politique, aussi bien intentionnels, que linguistiques ou sociologiques. Ces schémas sont liés à des blocs d'analyse, qui ressemblent parfois à une forme de poésie objectiviste, parfois à des citations déguisées, ou encore à des détournements de démonstration philosophique. Ce qui transparaît de ces trois schémas, c'est en quel sens tout en démontant un ensemble de lois qui régit la réalité économico-socio-politique, ils constituent schématiquement des possibilités de nouvelles formes de lois, de nouvelles natures de lois. En ce sens on pourrait penser, que si le livre d'Inculte ou bien chaque dialogue ou scène est une forme de variation du comme si , les schémas_X_pensées de l'A_K_S sont des matrices à comme si . Des modèles de mécanique possible. C'est bien d'ailleurs ce que semble définir leur titre, le X, étant l'ouverture à une multitude, à la variation, au croisement (Hermès) des pensées.
Philippe Boisnard
http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=605#respond
AVCPTRE–libr-critique.com–le 21 avril 2007