Collection La contrée
Au crépuscule de ses prétentions, la philosophie catastrophique de l’Occident médite ses désillusions aux marges d’un monde qui a déjà cessé de compter sur elle pour marcher, mais qui trébuche pourtant, faute d’elle, et se conjoint en elle à la convocation d’un péril au respire difficile, parce qu’il est abyssal. Non qu’il soit devenu impossible de questionner humainement l’infini de la question infinie, mais comme si le lieu et la formule du geste nous questionnant avaient changé d’adresse. La philosophie ainsi catastrophée vogue à la dérive d’une autre adresse pour des esprits parvenus à leur propre estuaire. « Dépassement » ou « retour » de la « métaphysique » ? Quoi ? Qu’est-ce ? Par tous les bouts, la pensée questionnante se tord et se retord, se remâche, se redoute, re-croit en elle, se regorge et se rengorge, elle claque des dents sa mise à mue dans le creuset aléatoire d’une nouvelle (dé)-prise radicale.
La collection « La contrée » veut dire les convulsions en tous sens du « tournant » auquel le rythme de nos souffles assigne aujourd’hui la « philosophie » é-mue au temps de sa détresse. Tous les gestes de faille participent à nos yeux de cette recherche vitale d’une reprise d’air. Tous ensemble azi-mutés, ils sont le processus nécessaire de la mutation immense. Positivement ou par la négative, tous les « pour » et les « contre » creusent peut-être le nouveau puits en croyant flamber de leurs derniers souffles. Aussi bien, certains livres méconnus ou épuisés pourront-ils trouver place sur cette embarcation éditoriale de transit, pourvu qu’ils intensifient les températures du brasier sur lequel, de toute autre façon, la vie consciente cherche hardiment l’inéluctable nouveauté de son cours.
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